30 décembre 2009


Aux militants de l'espoir à gauche,

C'est très volontiers que je renouvelle mon engagement auprès de
Segolène. En dépit de tous les obstacles que l'on peut mettre sur sa
voie - et il ne lui est rien épargné - elle reste celle qui
présente toujours l'exemple de leadership le plus original, le plus
novateur, le plus courageux. .Et le plus résistant...

Parce qu'elle a fait un magnifique score je suis sûre que le moment
venu elle retrouvera sa popularité du second tour.

Et souvenons nous que Mitterrand, après avoir mis de Gaulle en
ballotage en 1965, a lui aussi connu une traversée du désert, survecu
a Mai 68 ainsi qu'à l'hostilité de l'appareil du PS d'alors qui en
1969 lui a préféré le ticket Mendès/Defferre qui a fait 5%!...

L'histoire parfois se repète.

Amicalement.

Yvette Roudy

23 décembre 2009

21 décembre 2009

Segolene royal les 4 vérités france 2

"Une détermination très forte pour avancer dans le siècle qui vient " Ségolène Royal Regarder Ségolène Royal sur France 2 Les 4 Vérités [21/12/2009]
http://motione.over-blog.com/article-segolene-royal-les-4-verites-france-2-41566699.html

20 décembre 2009

Le Conseil Général 86 fait-il sa révolution silencieuse ?

Un sacré coup de balai. Hier dans la même séance, le Conseil Général de la Vienne a décidé de couper les vivres à deux bidules lancés par J.P. Raffarin, le pôle MTA et la "Cité des Savoirs". Et s'est en même temps engagé dans le plan photovoltaïque du Conseil Régional, en approuvant la construction d'une unité de production d'électricité photovoltaïque sur le parking du Palais des Congrès du Futuroscope.
Le pôle MTA a-t-il servi un jour à quelque chose ? Faute de réponse à cette question, les conseilleurs généraux de la Vienne ont jeté l'éponge. En six ans d'existence, ce soi-disant "pôle de compétitivité" labellisé comme tel par protection spéciale de J. P. Raffarin (à l'époque premier ministre) n'a initié aucun projet industriel. Les recherches, si recherches il y a eu, ont servi essentiellement à Renault et à quelques grands équipementiers comme Valéo, qui n'ont pas hésité pour autant à faire disparaître New Fabris et à opérer des coupes sombres dans leurs effectifs en région, laissant des centaines de salariés sur le carreau.
En revanche, le pôle MTA a fait très fort en matière de communication. Tous les élus ont reçu ses luxueuses brochures, couvertes de photos de J.P. Raffarin et de D. Bussereau, dans le genre "ma binette partout". Les colloques organisés à grands frais, les salons où l'on se congratule n'ont abouti à rien, sauf à faire la pub de nos duettistes de l'UMP. Pas surprenant dans le fond puisque le directeur du développement choisi par le pole MTA a été pendant plusieurs années Dominique Clément, maire UMP de Saint-Benoît, dont on connait les talents de communicant.
Visiblement Claude Bertaud ne s'est pas beaucoup battu pour sauver MTA, dans l'incapacité qu'il était de convaincre non seulement son opposition, mais aussi sa propre majorité.
Reste maintenant à faire les comptes. Nous attendons un bilan complet, ce sera l'occasion d'une belle leçon raffarinesque de "nouvelle gouvernance". Et nous attendons aussi que J. P. Raffarin et D. Bussereau cessent de tirer à boulets rouges sur Heuliez, et au contraire appuient le Conseil Régional dans son plan de développement du véhicule électrique, en favorisant les commandes de l'Etat à Heuliez et à Eco&Mobilité.
Par Jean François MACAIRE

19 décembre 2009

Copenhague : Après la cruelle déception, le combat citoyen continue !

Le Sommet de Copenhague s’achève sur une cruelle déception, due au manque de courage et de volonté politique des Chefs d’Etats .
Mais nous ne pouvons pas en rester là.
Une force citoyenne est née sur la question environnementale et sur l’aide aux pays pauvres.
Que ce soit dans les régions ou dans les villes, nous , les citoyens, nous démontrons que nous sommes bien souvent à l’avant-garde de la lutte contre le réchauffement climatique et le rééquilibrage des rapports Sud-Nord.
C’est donc sur ce mouvement populaire et sur cette conscience planétaire que nous devons nous appuyer pour forcer les chefs d’Etat à prendre réellement leur responsabilité dans les mois qui viennent et éviter ainsi une catastrophe climatique.
Avec la conscience que nous devons léguer à nos enfants et à nos petits enfants une planète saine et vivante après l’avoir si longtemps maltraitée.
Ils ne pourront pas dire qu’ils ne savaient pas. Ne nous arrêtons pas à cette cruelle déception et avançons pour faire aboutir, dans les prochains mois un accord concret.
Le combat continue.

Ségolène Royal

Guinée : Le massacre et les viols perpétrés dans un stade de Conakry constituent vraisemblablement des crimes contre l’humanité

Le gouvernement guinéen et la communauté internationale devraient s’assurer que les auteurs de ces crimes répondront de leurs actes
Communiqué de Human Rights Watch

(Paris, le 17 décembre 2009) - Le meurtre et le viol par les forces de sécurité guinéennes de centaines de sympathisants de l'opposition le 28 septembre 2009 peuvent vraisemblablement être considérés comme des crimes contre l'humanité, affirme Human Rights Watch dans un rapport détaillé publié aujourd'hui. Il est essentiel que les responsables de ces attaques rendent des comptes pour que la Guinée sorte de la crise politique dans laquelle elle se trouve, laquelle s'est aggravée suite aux coups de feu essuyés le 3 décembre par le chef du gouvernement putschiste qu'aurait tirés son aide de camp. Les deux hommes ont été impliqués dans les violences de septembre.
Le rapport de 113 pages, « Un lundi sanglant : Le massacre et les viols commis par les forces de sécurité en Guinée le 28 septembre », retrace dans les détails les meurtres, agressions sexuelles et autres abus perpétrés pour la plupart par des membres de la Garde présidentielle guinéenne lors d'un rassemblement de l'opposition organisé dans un stade de Conakry, la capitale, et expose les preuves indiquant que ces attaques ont dû être planifiées à l'avance. Le rapport détaille comment les forces de sécurité du gouvernement se sont rendues coupables de dissimulation organisée, enlevant des dizaines de corps du stade et des morgues des hôpitaux pour les enterrer dans des fosses communes.
« Les graves abus commis en Guinée le 28 septembre n'ont pas été l'initiative d'un groupe de soldats voyous et indisciplinés, contrairement à ce qu'a soutenu le gouvernement guinéen », a expliqué Peter Bouckaert, directeur de la division Urgences à Human Rights Watch. « Ces abus ont été prémédités et notre enquête montre que les dirigeants les plus haut placés du gouvernement étaient tout au moins au courant des actions planifiées. »
Au cours de son enquête, Human Rights Watch a interrogé environ 240 victimes, témoins, militaires, membres d'équipes médicales et d'organisations humanitaires, diplomates et journalistes.
Ce rapport aboutit à la conclusion que la majorité des meurtres, des agressions sexuelles et des autres abus ont été commis par des membres de la Garde présidentielle placés sous le commandement du lieutenant Abubakar « Toumba » Diakité, alors aide de camp du président putschiste Moussa Dadis Camara. Parmi les autres responsables de graves abus se trouvaient des gendarmes d'élite placés sous le commandement du capitaine Moussa Tiégboro Camara, le ministre d'État chargé de la lutte anti-drogue et du grand banditisme, ainsi que des officiers de police et des hommes habillés en civil armés de machettes et de couteaux.
Depuis les événements du 28 septembre, Dadis Camara et Tiégboro ont quitté la Guinée pour recevoir des soins médicaux au Maroc après avoir été blessés le 3 décembre au cours de deux incidents distincts liés à des conflits internes avec l'armée. Diakité, qui serait impliqué dans les tirs à l'origine des blessures de Dadis Camara, est actuellement introuvable.
Le rapport de Human Rights Watch recoupe des récits glaçants de témoins qui racontent comment les membres des forces de sécurité guinéennes sont entrés dans le stade et ont ouvert le feu sur les dizaines de milliers de partisans de l'opposition qui s'étaient rassemblés là pour demander le retour de la démocratie. Alors que les soldats avançaient, balayant le terrain central de coups de feu, ils laissaient derrière eux des corps blessés ou sans vie. Des témoins ont raconté que des corps jonchaient le terrain central du stade, que d'autres étaient écrasés contre les portes à demi ouvertes ou pendaient des murs. D'autres témoins ont décrit comment des soldats ont abattu des manifestants paniqués qui tentaient de fuir le stade en escaladant les murs d'enceinte, ont tiré à bout portant sur des manifestants qui essayaient de se cacher dans des galeries, des toilettes ou sous des sièges, et ont massacré d'autres personnes après leur avoir assuré qu'elles pourraient sortir en toute sécurité.
Des dizaines de femmes ont raconté avoir subi des viols individuels et collectifs et des agressions sexuelles avec des objets tels que des bâtons, des crosses de fusil et des baïonnettes. Des témoins ont affirmé avoir vu au moins quatre femmes et jeunes filles se faire tuer pendant qu'elles étaient violées ou immédiatement après. Une femme a été tuée d'une balle dans le vagin alors qu'elle était allongée sur le dos au milieu du stade, suppliant qu'on épargne sa vie.
Les enquêteurs de Human Rights Watch ont interrogé 28 victimes de violence sexuelle, parmi lesquelles 18 ont été violées par plus d'un agresseur. Les victimes ont dit avoir reçu des coups de pied et avoir été rouées de coups de poings et battues avant, pendant et après l'agression sexuelle. Nombre des victimes ont montré aux enquêteurs de Human Rights Watch leurs ecchymoses, les traces de coupures sur leur dos, leurs fesses et leurs membres, et les marques d'ongles sur leurs cuisses, leurs poignets et leur ventre.
Des victimes ont également décrit comment la Garde présidentielle a enlevé plusieurs femmes présentes dans le stade, ainsi que certaines femmes qui attendaient d'être soignées dans un centre médical, pour les emmener dans des résidences privées où elles ont subi pendant plusieurs jours des viols collectifs.
Human Rights Watch a rassemblé des preuves formelles, y compris des témoignages de sources confidentielles militaires et de membres d'équipes médicales, attestant que les militaires ont entrepris de cacher de manière systématique les preuves de leurs crimes et de minimiser le nombre réel de victimes ayant trouvé la mort le 28 septembre.
Le gouvernement a annoncé le chiffre officiel de 57 morts. Grâce à ses enquêtes, Human Rights Watch a pu déterminer que le nombre de victimes décédées se situe probablement entre 150 et 200. Immédiatement après le massacre, les membres de la Garde présidentielle ont fermé les portes du stade, pris le contrôle des morgues de la ville et enlevé les corps pour aller les enterrer dans des lieux connus ou non. Une source a vu 65 corps entreposés dans un camp militaire être emmenés au milieu de la nuit pour être, selon toute vraisemblance, enterrés dans une fosse commune. Une autre source a dit avoir vu les troupes de la Garde présidentielle emmener des corps depuis la morgue d'un hôpital, tôt le matin du 29 septembre, pour aller les enterrer dans deux fosses communes.
Human Rights Watch a interrogé les familles de plus de 50 personnes décédées au cours du massacre du 28 septembre. Dans plus de la moitié des cas, ces familles n'ont pas réussi à retrouver le corps de leur proche.
Le rapport de Human Rights Watch décrit également d'autres abus qui se sont déroulés dans les heures et les jours qui ont suivi les violences dans le stade, tels que des meurtres, des viols et des pillages, commis par les membres des forces de sécurité déployés dans les quartiers d'où était issue la majorité des sympathisants de l'opposition. En outre, les forces de sécurité ont arbitrairement placé en détention plusieurs dizaines d'hommes arrêtés alors qu'ils fuyaient le stade ou au cours des attaques qui ont suivi dans les quartiers. Parmi eux, Human Rights Watch a interrogé 13 hommes qui ont dit avoir été battus à plusieurs reprises, fouettés et forcés à se déshabiller, à prendre des positions de stress et à subir des simulacres d'exécution.
Selon Human Rights Watch, la gravité de ces abus, l'absence de menace ou de provocations de la part des manifestants et l'organisation dont ont fait preuve les forces de sécurité lors de l'attaque du stade laisse penser que les crimes étaient prémédités et planifiés. Le rapport cite comme preuves l'arrivée simultanée devant le stade de différentes unités de sécurité, le déploiement coordonné des soldats à des emplacements stratégiques autour du stade en prévision de la fuite des manifestants, l'absence d'utilisation de techniques non mortelles pour disperser la foule et la présence d'officiers, notamment d'un ministre chargé des questions de sécurité.
Aux termes de la loi coutumière internationale et du Statut de Rome de la Cour pénale internationale, le crime contre l'humanité comprend le meurtre, le viol et toute autre forme de violence sexuelle de gravité comparable, commis dans le cadre d'une attaque généralisée et systématique contre une population civile.
Human Rights Watch n'a trouvé aucune preuve démontrant qu'un membre des forces de sécurité ait été blessé ou tué dans l'enceinte du stade ou du complexe sportif attenant, ce qui montre bien que la violence était à sens unique. Toutes les preuves réunies par Human Rights Watch, y compris les vidéos, indiquent que les sympathisants de l'opposition étaient calmes et non armés.
Le gouvernement militaire guinéen n'a mené aucune enquête et n'a pas demandé aux membres des services de sécurité du pays de rendre des comptes pour le rôle qu'ils ont joué dans les meurtres, les viols et autres abus. Le rapport recommande au gouvernement guinéen d'ouvrir rapidement une enquête, de poursuivre et de punir, conformément à ce que prévoit le droit international, les dirigeants des services de sécurité suspectés d'être les premiers responsables des meurtres, des agressions sexuelles et des abus commis pendant les violences de septembre, et de garantir la sécurité de chacun des témoins. Si le gouvernement guinéen ne fait rien pour que les responsables répondent de leurs actes, les partenaires internationaux du pays devraient appuyer toute solution internationale susceptible de garantir la justice.
L'ONU a rapidement convoqué une commission internationale d'enquête, dont les membres se sont déjà rendus en Guinée. Human Rights Watch a appelé le Secrétaire général de l'ONU à rendre public dans les plus brefs délais le rapport de la commission et s'assurer que ses constatations sont examinées et mises en œuvre.
« La situation de la Guinée en matière de sécurité est incertaine, et on ignore également où se trouvent plusieurs personnes impliquées dans les abus du 28 septembre », a confié Peter Bouckaert. « Néanmoins, les autorités guinéennes et la communauté internationale doivent tout faire pour que ces horribles crimes fassent l'objet d'une enquête approfondie et que les responsables soient poursuivis. »

Par Najat

Bonne nouvelle cette semaine, Brice Hortefeux a reçu le prix de la lutte contre le racisme. Blague ? Pas du tout, il faut dire que le ministre de l’Intérieur et ex ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale n’a pas ménagé ses efforts depuis l’élection de Nicolas Sarkozy pour promouvoir l’amitié entre les peuples. C’est d’ailleurs par un témoignage de grande satisfaction que les historiens ont salué la création de ce ministère honteux en démissionnant collectivement du conseil scientifique de la Cité de l’histoire de l’immigration.
Depuis lors, que des motifs de louer l’action de Brice Hortefeux, impliqué à fond dans la mise en œuvre d’une politique migratoire qualifiée de « racialiste » par Patrick Weil, mais aussi de productiviste avec toujours plus de reconduites à la frontières, toujours moins de reconnaissance du droit d’asile et toujours plus de difficulté à obtenir un visa ou un regroupement familial.Brice Hortefeux, ce n’est pas seulement une politique efficace, c’est aussi un comportement exemplaire en toute circonstance. Pour ce qui ne l’ont pas lu, je vous recommande le livre d’Azouz Begag, Un mouton dans la baignoire, qui témoigne du délicieux mépris dont il a été l’objet de la part du récipiendaire de ce prix de la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, traitement dont il faut bien dire qu’il n’a pas été seul à profiter puisqu’aussi bien Rachida Dati (qui n’hésite pas à qualifier son ex-collègue de « gros raciste ») que Fadéla Amara ont eu l’occasion d’y goûter. Souvenons nous de Brice Hortefeux disant à propos de la Secrétaire d’Etat en charge de la Politique de la Ville : « c'est une compatriote, même si ce n'est pas forcément évident, je le précise. ». Non vraiment, ce prix est bien mérité !
En même temps, je ne peux m’empêcher de penser à l’injustice ainsi faite à Eric Besson ou à Nadine Morano qui pouvaient tout aussi légitimement prétendre à cette récompense. Peut-être pourront-ils prétendre au prix de l’humour politique ? Nadine Morano ne plaisantait-elle pas en déclarant il y a quelques jours à propos d’un jeune musulman (sic) « ce que je veux c’est qu’il aime la France quand il vit dans ce pays, c’est qu’il trouve un travail, et qu’il ne parle pas le verlan, c’est qu’il ne mette pas sa casquette à l’envers… »
Plus sérieusement, tout cela est parfaitement grotesque et dangereux, ce gouvernement, avec ses dérapages à répétition et ce débat sur l’identité nationale qui confond tout, atteint le comble de l’absurde et de l’indignité. Le mélange explosif de sujets sans rapports, que le parti socialiste dénonce depuis des semaines, ouvre la porte à tous les bas instincts : l’identité nationale, la politique de l’immigration, la montée de l’insécurité, les jeunes issus de l’immigration, le rapport à l’histoire nationale, l’interdiction de la burqa, les minarets, la « douce France » de Charles Trenet ou encore « l’islamisation rampante de la société française ».
Il ne manquait plus que le lien identitaire à la terre et à sa culture sur plusieurs générations pour parfaire le tableau d’une France dans laquelle de très nombreux citoyens auront bien du mal à se reconnaître.
Il ne s’agit pas de monter sur ses grands chevaux pour reprocher à la droite d’appliquer une politique pour laquelle elle été élue, mais une élection ne donne pas tous les droits, et là, la ligne jaune est dépassée. Le gouvernement joue avec le feu.
L’UMP n’est pas le Front national, certes, mais il commet l’erreur très grave de poser les questions comme lui, de raisonner comme lui, et de biaiser les problèmes comme lui. L’équation : immigrés = islam = insécurité = la France en danger, c’est le programme du Front National, et rien d’autre.Jusqu’à présent nous étions tous d’accord, entre républicains, pour refuser un tel postulat dans le débat public, ce piège sur le plan intellectuel. Le gouvernement nous dit aujourd’hui : finalement, le Front National pose de bonnes questions et il faut trouver des réponses pour résoudre cette équation.
Ce n’est pas comme ça qu’on peut réfléchir sur la question de l’identité nationale. Il n’y a que deux manières d’aborder la question de l’Identité nationale si on veut aller au fond des choses : soit on considère que ça se joue sur le plan de la race, du sang, de l’héritage, du lien à la terre natale ou à la religion de ses ancêtres, soit on considère que ça se joue sur le plan des idées, de l’idéal, de l’aspiration individuelle à vivre dans un ensemble plus vaste que soi, et à en partager l’histoire, les valeurs, mais aussi l’avenir. Je me reconnais dans cette deuxième famille de pensée, héritière de la révolution française, de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, et de la longue tradition républicaine privilégiant la liberté individuelle et l’universalité des valeurs, plutôt que la sacralisation des héritages et des enracinements identitaires. L’identité nationale française, c’est cet idéal vers lequel il faut tendre sans cesse d’une citoyenneté républicaine plus soucieuse du progrès humain que de la préservation des privilèges de naissance. On nous propose un débat, mais celui-ci est tronqué, truqué, manipulé et on en perçoit déjà sa conclusion dans les propos d’Eric Besson ou du chef de l’Etat. Y-a-t-il seulement un débat ? Aux écrivains, le droit de se taire ; à l’opposition, le droit de se coucher ; à Nicolas Sarkozy, le pouvoir absolu de dire ce qu’est la France, et ce qu’elle n’est pas, y compris en réécrivant son histoire.
A tous les autres, le devoir de l’écouter, de l’acquiescer, de l’applaudir, et de se rendre en Préfecture pour se faire délivrer un certificat de conformité de bon citoyen. Les chômeurs, les malades, les bénéficiaires de l’instruction publique ou les intellectuels suspects de détestation de leur propre pays ont du souci à se faire.
L’entreprise d’intimidation idéologique menée par le gouvernement franchit une nouvelle étape en déniant à ceux qui n’aiment pas Nicolas Sarkozy le droit d’aimer la France.Nicolas Sarkozy s’arroge un droit qu’il n’a pas : il a été élu pour garantir l’unité de la nation et faire vivre ses valeurs, pas pour trier le bon grain de l’ivraie, et moins encore pour redéfinir à lui tout seul l’identité de la France.
Comme le disait le Général de Gaulle, « il y a deux catégories de Français, ceux qui pensent qu’il y a deux catégories de Français et les autres » La France, ce n’est pas lui, c’est nous.

18 décembre 2009

Ségolène Royal donne le bon exemple

Souvent malmenée pour cause de prétendue rupture avec les priorités du PS, le point technique ci-dessous publié par un Vice-Président de la Région Poitou-Charentes permet de rappeler des faits à l'écart de toute polémique concernant le bilan de Ségolène Royal. Ces faits sont de nature à modifier significativement certaines interprétations actuelles.

Lors de sa convention nationale à Tours, le Parti Socialiste a rendu public le "programme commun" des régions socialistes. Sur les 26 actions annoncées, 23 sont déjà en place en Poitou-Charentes. Le résultat du travail de "laboratoire" cher à Ségolène Royal a donc fonctionné dans des conditions très efficaces.
Les principales mesures reprises de l'expérience picto-charentaise portent sur les budgets participatifs, le pass-contraception, la construction de lycées Kyoto, la priorité à la croissance verte (la voiture électrique est prise en exemple), la conditionnalité des aides aux entreprises, les fonds d'investissement pour les PME, …Les mesures déjà effectives :

1) Mise en place de fonds participatifs des habitants : mesure inspirée des BPL (budgets participatifs des lycées) créés en Poitou-Charentes

2) 300.000 contrats d'accès à la qualification pour les jeunes sortis du système scolaire sans qualification : déjà effectif en Poitou-Charentes notamment grâce aux dispositifs "tutorat tremplin bâtiment" et "engagement première chance"

3) 200.000 contrats de continuité professionnelle : correspond à la GREF (garantie de ressources emploi-formation) et au CRSPP (contrat régional de sécurisation des parcours professionnels) expérimenté avec succès pour 220 salariés d'Heuliez

4) 100.000 entreprises nouvelles : le rythme est bien supérieur en Poitou-Charentes. Les 7500 Bourses Régionales désir d'Entreprendre extrapolées à l'échelle nationale font 250.000 entreprises supplémentaires !

5) 50.000 contrats d'appui et de développement pour les jeunes entreprises : effectif en Poitou-Charentes par le dispositif CORDEE (convention régionale de développement des entreprises et de l'emploi) et les outils d'aide à l'export, à la formation et les garanties d'emprunt. Sans compter l'année 2009, le Poitou-Charentes a passé 1317 contrats de ce type depuis 2004

6) Création de fonds d'investissement pour les PME : fait en Poitou-Charentes avec la société de capital risque des éco-industrie (PCI), le fonds d'investissement de proximité Gallia, le dispositif d'épargne salariale avec Groupama, le Fonds de Commun de Placement dans l'Innovation (FCPI) confié à Alto-Invest, et le fonds de développement de l'industrie photovoltaïque avec la Banque Européenne d'Investissement et le Crédit Agricole (200 M€)

7) Conditionnalité des aides aux entreprises : fait dès 2004 avec la Charte d'Engagements Réciproques

8) 3% du budget consacré à la recherche et à l'innovation : déjà effectif en Poitou-Charentes

9) Un pack pour l'autonomie des jeunes : la région Poitou-Charentes prend en charge le permis de conduire et la garantie locative pour les jeunes

10) Droit à un séjour linguistique pour chaque lycéen : les "bourses de la découverte" en Poitou-Charentes concernent non seulement les lycéens, mais aussi les étudiants et les apprentis

11) Le pass contraception : inventé en Poitou-Charentes

12) Développement de l'équipement informatique des lycées : déjà un ordinateur pour 2 élèves en lycée professionnel en Poitou-Charentes

13) Gratuité des fournitures scolaires : l'équipement professionnel du lycéen est déjà pris en charge par la Région Poitou-Charentes

14) 50% de voyageurs en plus dans les TER : en Poitou-Charentes, entre 2004 et 2009, il y a eu 60% de passagers supplémentaires, pour une moyenne nationale de 30%

15) Un fonds de recherche-innovation : la région Poitou-Charentes est la première, et pou l'instant la seule région qui détient un portefeuille de brevets pour des produits écologiques innovants

16) Augmentation de 50% des budgets consacrés au développement des énergies renouvelables : cette priorité est absolue en Poitou-Charentes depuis 5 ans

17) La généralisation des éco-bâtiments : Poitou-Charentes a fait le premier lycée 100% énergies et tout financement régional est conditionné à l'atteinte des meilleures performances environnementales

18) Accompagner les agriculteurs : en Poitou-Charentes, la politique agricole a été orientée dès le début du mandat vers le soutien à l'agriculture biologique et un plan de développement de l'alimentaire biologique par filières est lancé

19) Droit à la santé sur tous les territoires : la région Poitou-Charentes a lancé les maisons médicales et les stages en milieu rural pour les étudiants en médecine

20) Plus de moyens pour la formation des professions paramédicales : la région Poitou-Charentes a fait d'importants efforts dans ce domaine

21) Développer la construction de logements : la région est cofondatrice de l'Etablissement Public Foncier Régional, elle est devenue la principale bailleuse de fonds de la construction de logements sociaux dans de nombreuses opérations

22) Faire baisser les charges de chauffage : la région a signé avec les organismes HLM un contrat portant sur la rénovation thermique de 8500 logements sociaux d'ici 2013

23) Soutien aux associations : la région soutient de nombreuses associations délaissées par le gouvernement, notamment par le biais des emplois tremplins associatifs

Les mesures en cours de mise en oeuvre- Accès au cartable numérique pour les lycéens et apprentis- Plafonnement du cout de l'abonnement TER domicile-travail à 1€ par trajet

Une mesure non effective sous la forme annoncée par le PS :- une mission régionale de lutte contre les discriminations : elle n'existe pas sous cette forme, mais en revanche la région Poitou-Charentes aide le monde associatif et les collectivités locales qui se mobilisent sur ce point. De plus elle a lancé un agenda 22 en faveur des personnes en situation de handicap, particulièrement concernées par les discriminations.

La Région Poitou-Charentes est donc une bonne élève de la classe PS. D'autant plus que tout cela a été fait depuis 2005 sans augmentation ni des impôts ni des taxes sur les carburants (TIPP). Ce point reposant sur des faits précis chiffrés mériterait des débats bien plus importants que des commentaires polémiques sur des "petites formules".

Ségolène Royal a bien conduit une politique régionale que bon nombre d'autres régions n'ont pas encore engagée. Est-ce là l'une des raisons de sa mise à l'écart. Heureusement, les faits sont là et les faits sont têtus, eux aussi.